Les différentes possibilités
d'interventions en
studio de mastering
Ce
document à été réalisé dans le but de
vous aider à orienter l'ingénieur du son mastering et lui permettre de
répondre
au mieux à vos attentes.
La plus part du temps les
mecs me disent... "je
veux du gros son"… "???" … Jo Man ;-)
Un
professionnel n'est pas dépourvu
d'imagination… il sera à même de vous guider et fournir un travail de
qualité répondant
à ses critères personnels.
Cependant,
si vous n'exprimiez pas vos
attentes à l'ingénieur du son mastering, c'est pareil que si vous
demandez à un
graphiste de faire le design de la pochette de votre album en lui
remettant
quelques photos et des textes sans aucune orientation…
Ce qui compte, c'est d'exprimer vos
souhaits…
Aucun
besoin de maitriser un langage technique, employez un langage
simple et compréhensible par touts.
Personnellement
il m'arrive fréquemment
d'utiliser des adjectifs qui n'ont rien à voir avec la musique, tels
que brouillard
dans les médiums, aigus cristallins, dégraisser
le bas médium, rendre un mix plus intelligible, une dynamique
claquante, etc…
Sur quoi peut-on intervenir en mastering
L'ingénieur du
son
mastering interviendra principalement sur trois éléments du son, les
fréquences,
la dynamique et la largeur de l'image stéréo.
Les fréquences
En
matière d'égalisation les gouts et
couleurs varient considérablement d'un client à l'autre. Même si les
genres
musicaux influencent grandement la direction globale, toute
transgression aux
règles fait également partie de la création artistique.
Vous
aimez des basses envahissantes ou
plutôt subtilement dosés, vous préférez la richesse spectrale sur
l'ensemble des
fréquences" ou un son plus resserré au centre "type américain"…
La dynamique
La
dynamique d'un master varie considérablement
selon le genre de musique mais aussi du type de diffusion
ciblé.
Il est
important de savoir que de nos jour
l'industrie du disque subit un réel problème de société qui ce résume
par la guerre
au volume… chacun veut sonner plus fort que l'autre…
Cela à
de lourdes conséquences sur la
qualité du son et la musicalité d'un master, plus on veut être fort
moins il y
aura de variations de volume (dynamique)
Va
falloir faire des choix et probablement
un compromis entre bien et mal…
L'image stéréo
Il est possible
d'intervenir
sur la largeur de l'image stéréophonique par des procédés de
traitements de
phase.
Dans certains
studios de
mastering ce type de traitement fait même partie intégrante de leur
signature sonore.
Attention, ce
type de
traitement dénature le positionnement des éléments dans l'image stéréo.
Plus on
augmente le traitement moins vous parviendrez à localiser les éléments
que vous
avez soigneusement mis placé en réglant les panoramiques. J'ai entendu
des
master ou l'on ne parviens plus à positionner la voix du chanteur !
Très flatteur
dans un
premier temps ce type de son à la particularité de provoquer une
fatigue
auditive au bout de quelques minutes seulement voir quelques secondes
pour les
traitements les plus abusifs.
Il y à des genres
musicaux qui ce prêtent beaucoup mieux à ce type de traitement que
d'autres. En
règle générale l'éclatement de l'image stéréo conviendra beaucoup plus
aux musiques
électroniques ou l'on recherche une ambiance artificielle…
L'intervention en mastering varie passablement
selon
le type de diffusion ciblée…
La diffusion radio
Le
mastering dédié à une écoute de type
"radio et TV" tiendra compte des limitations de reproduction de la
largeur spectrale des fréquences imposé par la bande passante
FM.
En
claire cela veut dire que la FM restitue
les fréquences comprises entre 80 Hz et 15'000 Hz.
Sur ce
type de mastering, l'accent est
principalement mis sur le volume sonore (dB). Afin que la musique soit
le plus
fort que possible, la dynamique du son est compressée au maximum, ce
qui
implique que tous les pics (ce qui rendent la musique vivante et
agréable à
écouter) sont sacrifiés sur l'autel de celui qui sonnera le plus fort.
De plus
tout la bande passante est
concentré dans les fréquences médiums, c'est ici que l'on retrouvera la
plus
grande sensation de volume sonore.
Il faut être conscient
qu'il est impossible de sonner très
fort et d'avoir d'énormes infrabasses. Les basses utilisent une énergie
beaucoup plus importante que les mediums.
La sensation de volume à
0 dB (volume maximum admissible) est
nettement moins importante dans les basses que dans le medium, c'est la
raison
pour la quelle les masters très forts sont dépourvus de basses
profondes.
Du coup pour une
diffusion radio on s'enfiche un peu des
basses vu que de toute manière elles ne passent pas.
La diffusion Haute Fidélité
Ici ce
sont le respect de la dynamique, la
subtilité des timbres et la beauté du son qui sont recherchés…
Ce type
de mastering n'est pas adapté aux
musiques dites "actuelles" car elles supportent et demandent de la
compression pour obtenir de l'épaisseur
Autant
dire que les amateurs de Haute
Fidélité ressentiront une profonde frustration à l'écoute d'un album
masterisé
type radio.
Le mastering CD
De nos
jours il n'existe plus aucune règle…
Les possibilités du CD nous permettent de produire à peut prés
n'importe quoi…
Auparavant
les maisons de disques
commandaient couramment deux types de mastering distincts. L'un pour la
vente
des albums permettant une écoute agréable sur la chaine stéréo du
salon, et
l'autre optimisé pour les contraintes de la diffusion radio.
De nos
jours, (récession économique oblige)
les albums sont régulièrement vendus avec un mastering type "radio".
Le mastering Vinyle
Le
mastering vinyle répond à des
contraintes mécaniques propres à ce support. Pas question de compresser
ou d'élargir
l'image stéréo à outrance, les fréquences basses ne pourront pas être
aussi
dominantes que sur les supports actuels.
Les
fréquences basses ce trouveront obligatoirement
au centre, il est impossible de placer la basse à gauche et la grosse
caisse à
droite…
Les
limites du vinyle en font son principal
avantage, l'ingénieur de mastering ce trouve obligé de respecter un
minimum de
dynamique et une image stéréophonique cohérente …
Un bon compromis
En
dehors des extrémités, existent de
nombreux stades intermédiaires.
Opter
pour un bon compromis, prenant en
compte le style de musique et le principal type de diffusion ciblée, me
permettent
d'obtenir des solutions tout à fait acceptables sur la plupart des
musiques
actuelles.
Je tiens à
préciser que
le mastering ne remplace en aucun cas un bon mixage, la qualité et
l'orientation de
celui-ci influencera en grande partie le résultat final.
Le mastering
n'est pas un
procédé magique ou l'on transforme un cochon en cheval de course…
Alain Ernst
Ingénieur du son mastering
©Toute reproduction sans l'accord de
son auteur est interdite
|